Lettre d’information de la FFMC nationale Août 2019

Le mot du Bureau national
La rentrée de la FFMC 
Rien de durable ne se fonde sur la force. (Maréchal Lyautey)
Développement durable. L’association de ces deux mots qu’on ne cesse de
nous asséner peut paraître paradoxale tant le développement signifie exploitation – donc diminution – de nos ressources naturelles alors que le durable implique au contraire d’entretenir ce que nous avons pour ne pas renouveler, consommer, fabriquer inutilement. Pas simple quand l’ensemble de notre société se fonde sur l’envie de bénéficier de toujours plus de confort, de services, etc. Pas simple quand l’emploi dépend bien davantage du côté développement que du côté durable. Pas simple quand nos habitudes de vie sont bien ancrées et qu’on n’a juste pas envie de sacrifier ce qu’on a parfois mis longtemps à acquérir Sans parler de ceux qui n’ont pas bénéficié du confort dont disposent les plus nantis et qui voient d’un très mauvais œil qu’on prétendre leur interdire l’accès à ce confort « pour le bien de l’humanité »…Et surtout, pas simple quand la communication autour de certaines dispositions comme les ZFE (ex-ZCR) utilisent l’argument de la responsabilité collective pour faire passer en force des règles pas toujours bien comprises d’abord parce que mal – ou pas – expliquées, mais aussi parfois parce qu’injustes et surtout injustifiées voire contre-productives !Ainsi, côté ZFE, la France fait exception en amalgamant sans aucune distinction ni nuance tous les véhicules à moteur thermique dans les restrictions de circulation. Une disposition qui au premier regard peut sembler logique puisqu’un moteur thermique pollue, qu’il propulse deux ou quatre roues. Et que plus il est ancien, moins il bénéficie des avancées techniques qui limitent la pollution. Soit. Pourtant, quelques éléments vont à l’encontre de ce raisonnement trop simpliste parce qu’ignorant, volontairement ou non, certains paramètres de l’équation en jeu.Le paramètre humain, fondamental parce qu’il conditionne l’acceptabilité d’une mesure. Sous cet angle, imposer sans explication les restrictions de circulation est profondément injuste pour les plus défavorisés qui n’ont pas d’alternative crédible à leur véhicule personnel et n’ont pas d’autre solution pour pallier l’interdiction du seul véhicule qui leur soit accessible et leur rende le nécessaire service de mobilité. Rien non plus sur l’éco-conduite, porteuse de très fortes économies d’énergie comme l’avait souligné une étude de l’IFP Énergies Nouvelles.. L’autre paramètre qu’ignore cette mesure est le constat que la FFMC, la FEMA et bien d’autres ont déjà fait depuis longtemps : l’utilisation d’un deux-trois-roues motorisé (2RM) dans les zones urbaines permet de faciliter davantage la circulation donc limite les bouchons et par conséquent la pollution ! Cet aspect favorable du 2RM vient d’ailleurs d’être souligné par un rapport de l’agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) … Qu’on se rassure donc dans les rangs de la FFMC : on peut tout à fait défendre une meilleure prise en compte de l’écologie et la pratique de la moto sans grand écart ! C’est scientifiquement prouvé..
Le Bureau national
Plus de deux roues, moins de pollution
L’agence nationale de sécurité sanitaire de l‘alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) a rendu public son rapport sur les solutions pour améliorer la qualité de l’air en IdF. Une étude commandée par les Ministères de la Santé et de l’Écologie du précédent gouvernement. Soit le même ministère de l’écologie de Ségolène Royal à l’origine des ZCR devenus depuis ZFE. Ce qui enlève d’office tout soupçon de favoritisme envers les usagers de véhicules thermiques !En résumé, le scénario le plus ambitieux pour l’amélioration de la qualité de l’air préconise une augmentation de 50% de deux-roues motorisés en zone urbaine, parallèlement à une augmentation des transports en commun et une diminution des voitures particulières. Soit exactement ce que défend la FFMC depuis des années, cette fois scientifiquement étayé. Plus de détails dans notre article sur le site national.
80 : le grand absent de juillet
Comme aurait dit le regretté Desproges : Étonnant, non ? Après des mois de communiqués de presse et autres infolettres de la Sécurité routière, de communiqués officiels vantant les mérites attribués au 80 dans les résultats de l’accidentalité, rien concernant les résultats de juillet ! Auraient-ils (enfin) compris qu’en l’absence de chiffres qui ne concerneraient que les tronçons concernés par la baisse de 90 à 80, il n’est pas très rigoureux d’attribuer un résultat, quel qu’en soit le sens, à cette mesure ? À moins que les résultats de l’accidentalité de juillet n’aillent à l’encontre de toutes les affirmations officielles sur la vitesse ? Regardons ça de plus près : la mortalité est stable sur les voies en agglomération, en baisse sur les autoroutes et en hausse sur les routes hors agglomération. Le réseau concerné par la hausse de l’accidentalité est donc celui dont une partie est concernée par le 80. Mais en l’absence de chiffres précis, nous n’en tirons aucune conclusion sur le 80. Juste des doutes de plus en plus sérieux sur son bien-fondé.

Le Bureau National actuel


Le Bureau national, de G à D : Hervé Foulon (FFMC 71, élu 2019), Didier Roca (FFMC91, élu 2019), Céline Aubrun, Fabien Delrot (coordinateur national), Philippe Stoppacher (FFMC 13, élu 2019), Frédy Guilbert, Richard Esposito.

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