Jan 09

CISR du 9 janvier : le gouvernement baisse la vitesse à 80 km/h sur les routes

0 km/h pour créer des vies supplémentaires !
Au-delà du personnage, l’ambition affichée par ce gouvernement et les précédents – réduire le nombre de morts sur les routes en « sauvant des vies » – a ceci de terrible qu’on ne peut, a priori, que la partager. Mais si la baisse à 80 km/h permettait de passer de 3469 morts (chiffres 2016) à, disons, 3069 morts par an (la Sécurité routière estime que la baisse de 10 km/h permettra de « sauver » environ 400 vies), pourquoi ne pas la baisser à 70, 50 ou même 10 km/h ?

Avant que ne débute le grand matraquage officiel à base « d’experts » et de hashtags « #SauvonsPlusDeVies », MNC s’est livré à un petit calcul parfaitement idiot – mais l’est-il vraiment beaucoup plus que ceux des pourfendeurs de la vitesse, qui ne parlent plus de « sécurité » mais de « délinquance » et de « violence » routière ? – montrant qu’avec un peu de bonne volonté, on ne se contentera pas de « sauver des vies » : on en créera !
90 km/h : 3469 morts (chiffres officiels 2016)
80 km/h : 3069 morts (sur la base des projections officielles)
70 km/h : 2669 morts
60 km/h : 2269 morts
50 km/h : 1869 morts
40 km/h : 1469 morts
30 km/h : 1069 morts
20 km/h : 669 morts
10 km/h : 269 morts
0 km/h : -131 morts, soit 131 vies supplémentaires !
Imaginez la scène : Cruchot s’assoit pépère dans sa Twingo, sans même la sortir du garage ni insérer la clé dans le démarreur, et à peine le temps d’ouvrir son paquet de chips, bim : 131 lardons de génération spontanée – ou macchabées ressuscités façon Walking Dead ? – sur la banquette arrière ! Etonnant, non ?
Si l’on tente d’élargir un peu le débat, de réfléchir aux implications d’un tel « choix » – imposé contre leur gré à une majorité des Français – en examinant la réalité de cet objectif à la lumière d’autres raisons nettement moins fédératrices – comme la manne financière que cette baisse de 10 km/h va implacablement générer, y compris pour les sociétés privées chargées de conduire les radars embarqués -, l’inévitable « mettez vous à la place des familles » a tôt fait de clore toute velléité d’échanges : « bim dans ta face, délinquant routier sans coeur, et si c’était ta fille ! »
La misère est-elle moins pénible à 80 km/h ?
Mais OK. Après tout, imaginons que vouloir à ce point « sauver des vies » soit réellement le désir le plus cher du gouvernement. Merci, c’est vraiment gentil. Mais pourquoi en priorité – pour ne pas dire en exclusivité – sur la route ? Pourquoi ne pas reprendre le contrôle des autoroutes et imposer leur gratuité, puisqu’il s’agit du réseau routier le plus sûr – et sur lequel, entre parenthèses, on roule le plus vite ?
Parce que c’est plus facile que d’éradiquer la misère, qui tue en France près de 2000 SDF chaque année et place des millions de gens en situation de survie ? Parce que ça rapporte des sommes colossales (920 millions d’euros en 2016, sans doute bientôt plus d’un milliard) ? Parce que gesticuler sur le terrain médiatique avec de bons sentiments permet de masquer l’impuissance du gouvernement sur les vrais problèmes ? La misère, le chômage et les attentats sont-ils moins pénibles à 80 km/h ?
Quel que soit le but exact, c’est donner beaucoup de crédit à des statistiques basées sur des chiffres qu’on hésite à qualifier de dérisoires – douleur des familles, sans coeur, tout ça. D’une part, les bilans mensuels de la Direction de la sécurité routière (qui dépend du ministère de l’intérieur) sont basés sur les rapports établis sur place par les forces de l’ordre au moment de l’arrivée des secours, ces fameux bulletins d’analyse d’accident corporel (BAAC) à la fiabilité discutée.

source MNC

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